La solitude


Je l'ai trouvée devant ma porte,
Un soir, que je rentrais chez moi.
Partout, elle me fait escorte.
Elle est revenue, elle est là,
La renifleuse des amours mortes.
Elle m'a suivie, pas à pas.
La garce, que le Diable l'emporte !
Elle est revenue, elle est là

Avec sa gueule de carême
Avec ses larges yeux cernés,
Elle nous fait le c½ur à la traîne,
Elle nous fait le c½ur à pleurer,
Elle nous fait des matins blêmes
Et de longues nuits désolées.
La garce ! Elle nous ferait même
L'hiver au plein c½ur de l'été.

Dans ta triste robe de moire
Avec tes cheveux mal peignés,
T'as la mine du désespoir,
Tu n'es pas belle à regarder.
Allez, va t-en porter ailleurs
Ta triste gueule de l'ennui.
Je n'ai pas le goût du malheur.
Va t-en voir ailleurs si j'y suis !

Je veux encore rouler des hanches,
Je veux me saouler de printemps,
Je veux m'en payer, des nuits blanches,
A c½ur qui bat, à c½ur battant.
Avant que sonne l'heure blême
Et jusqu'à mon souffle dernier,
Je veux encore dire "je t'aime"
Et vouloir mourir d'aimer.

Elle a dit : "Ouvre-moi ta porte.
Je t'avais suivie pas à pas.
Je sais que tes amours sont mortes.
Je suis revenue, me voilà.
Ils t'ont récité leurs poèmes,
Tes beaux messieurs, tes beaux enfants,
Tes faux Rimbaud, tes faux Verlaine.
Eh ! bien, c'est fini, maintenant."

Depuis, elle me fait des nuits blanches.
Elle s'est pendue à mon cou,
Elle s'est enroulée à mes hanches
Elle se couche à mes genoux.
Partout, elle me fait escorte
Et elle me suit, pas à pas.
Elle m'attend devant ma porte.
Elle est revenue, elle est là,
La solitude, la solitude...

Barbara "La solitude"
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# Posté le vendredi 11 janvier 2008 13:48

Mourir ou s'endormir

Mourir ou s'endormir
Mourir ou s'endormir, ce n'est pas du tout la même chose.
Pourtant, c'est pareillement se coucher les paupières closes.
Une longue nuit, où je les avais tous deux confondus,
Peu s'en fallut, au matin, que je ne me réveille plus.

Barbara "mes insomnies"

# Posté le mardi 27 novembre 2007 12:02

Modifié le mardi 27 novembre 2007 14:20

Chaque fois que le train passe

Elle y pense chaque fois que le train passe
Elle y pense tout l'temps qu'la rivière coule
Elle y pense dans la rue et dans la classe
En pleine solitude et en pleine foule

Elle y pense chaque fois que le train passe
Et puis sur chaque pont qu'elle traverse
Chaque fois qu'elle refoule ou qu'elle renverse
Une larme d'enfant et de détresse

Elle y pense chaque fois que le train passe
Elle y pense tout l'temps dans la voiture
Derrière ses parents qui la conduisent
À l'école, au marché ou à l'église

Elle y pense chaque fois que le train passe
Elle y pense tout l'temps à la maison
Quand elle ouvre le tiroir des rasoirs
Ou la petite porte des flacons

Elle y pense chaque fois que le train siffle
Chaque fois qu'elle essaie d'aller moins mal
Chaque fois qu'elle avale ou qu'elle renifle
Une dose à grimper sur les étoiles

Elle y pense chaque fois que la train passe
Chaque fois qu'un regard tombe sur elle
Chaque fois qu'elle tombe sur le regard
Que le regard ne l'a pas trouvé belle

Elle y pense chaque fois que le train passe
Elle y pense tout l'temps qu'la rivière fuit
Elle voudrait s'envoler dans l'espace
Elle voudrait s'enfoncer dans l'oubli

Elle y pense tout l'temps qu'elle se sent laide
Elle y pense chaque fois qu'elle voit sa mère
Se ruiner la vie pour lui venir en aide
Alors qu'elle pourra jamais rien y faire

Elle y pense chaque fois que le train passe
Elle y pense tout l'temps qu'l'océan danse
À marée haute comme à marée basse
Au début comme à la fin des vacances

Elle y pense et pourtant, elle se retient
Elle y pense et pourtant, loin en dedans
Chaque foutue fois que passe le train
Elle a pas envie de s'planter devant

Elle y pense chaque fois mais elle attend
À deux pas de ces rails qu'elle connaît bien
Elle y pense chaque fois mais elle attend
De trouver la façon d'y penser moins
Elle attend qu'on lui vide sa cargaison
Et que dans le courant d'un grand fou rire
En voyant s'éloigner l'dernier wagon
Elle oublie de penser qu'elle veut mourir

Lynda Lemay

# Posté le dimanche 30 septembre 2007 12:54

On m'a fait la haine

Fallait qu'ça tombe sur moi
Fallait qu'ça tombe, il s'trouve que j'étais là
Toute seule, toute femme
Toute moi, rien que moi

Fallait qu'ça blesse mon corps
Fallait qu'ça laisse des cicatrices au bord
Du c½ur, de l'âme
Et toi, et toi

Tu viens me dire que tu m'aimes
Tu dis que tu m'aimes quand même
Que t'as envie d'me caresser
Que je suis belle à regarder... mais

Penses-tu qu'il m'a trouvée belle
Le gars qui m'a traînée dans la ruelle
Qui m'a salie, punie
Dis-moi

Quand on t'a appris à bander
Est-ce qu'on t'a dit que ça pouvait marcher
Tout seul, comme ça
Pour rien... pour moi !

Et tu viens me dire que tu m'aimes
Mais est-ce que tu m'aimerais quand même
Si je t'ouvrais jamais ma chambre, hein ?
Si je t'ouvrais jamais mes jambes... ?

On m'a fait la haine ; j'peux plus faire l'amour
On m'a fait la haine ; pardon, mon amour
On m'a fait d'la peine...
On m'a fait la haine ; j'peux plus faire l'amour
On m'a fait la haine ; pardon, mon amour...
C'est un coup dur à prendre
Mais c'est dur à comprendre
J'ai comme le corps en cendres, j'ai comme
Envie d'me pendre, et toi... et toi

Tu viens me dire que tu m'aimes
Tu viens me dire que tu m'aimes quand même
Et je t'écoute me répéter que tu m'aimes
Et me redire que tu m'aimes quand même
Est-ce que je pue la haine ?... mais tu m'aimes...
Mais tu m'aimes quand même

Linda Lemay
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# Posté le jeudi 09 août 2007 13:43

Kiwi avait un rêve...

Voler!
Il a tout mis en oeuvre pour que se soit parfais..., réel

Son rêve, il l'a réalisé! Mais à quel prix...

# Posté le dimanche 27 mai 2007 15:37

Modifié le mercredi 30 mai 2007 12:12